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me troublent par leur multitude, & à force de voir à la fois, trop de choses, je ne discerne & ne retiens rien du tout. J’espere me trouver un peu plus à l’aise dans les montagnes de la grande Chartreuse, où je compte aller herboriser la semaine prochaine avec deux de ces Meilleurs qui veulent bien faire cette course & dont les lumieres me la rendront très-utile. Si j’eusse été à portée de consulter plus souvent les vôtres, Madame la duchesse, je serois plus avancé que je ne suis.

Quelque riche que soit le jardin de l’Ecole vétérinaire, je n’ai cependant pu y trouver le Gentiana campestris ni le Swertia perennis, & comme le Gentiana filiformis n’étoit pas même encore sorti de terre avant mon départ de Trye, il m’a par conséquent été impossible d’en recueillir de la graine, & il se trouve qu’avec le plus grand zele pour faire les commissions dont vous avez bien voulu m’honorer, je n’ai pu encore en exécuter aucune. J’espere être à l’avenir moins malheureux, & pouvoir porter avec plus de succès un titre dont je me glorifie,

J’ai commencé le catalogue d’un herbier dont on m’a fait présent, & que je compte augmenter dans mes courses. J’ai pensé, Madame la duchesse, qu’en vous envoyant ce catalogue ; ou du moins celui des plantes que je puis avoir à double, si vous preniez la peine d’y marquer celles qui vous manquent, je pourrois avoir l’honneur de vous les envoyer fraîches ou séches, selon la maniere que vous le voudriez, pour l’augmentation de votre jardin ou de votre herbier. Donnez -moi vos ordres, Madame, pour les Alpes dont je vais parcourir quelques-unes ; je vous demande en grace de pouvoir ajouter au plaisir que je trouve à mes herborisations, celui d’en faire quelques-unes