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& les anéantit, en saura-t-il assez pour se garantir des murmures & de la superstition ? Y pense-t-on, quand on borne les merveilles de la nature à ce qu’elles ont de plus commun, de moins touchant, pour qui les voit tous les jours, à ce qu’elles ont de plus équivoque à la gloire de son Auteur ? Qu’on transporte ce laboureur ignorant dans les spheres célestes dont Copernic, Kepler, Descartes & Newton, nous ont exposé l’immensité & l’harmonie admirable ; qu’on l’introduise ensuite dans cet autre univers en miniature, dans l’économie animale, & qu’on lui développe cet artifice au-dessus de toute expression, avec lequel sont construits & combinés tous les organes des sens & du mouvement : c’est-là où il se trouvera saisi de l’enthousiasme de St. Paul élevé au troisieme Ciel ; c’est-là qu’il s’écriera avec lui, ô richesses infinies de l’Etre suprême ! ô profondeur de sa sagesse ineffable, que vous rendez visible l’existence & la puissance de votre Auteur ! que vous me pénétrez des vérités qu’il m’a révélées, de la reconnoissance, de l’adoration & de la fidélité que je lui dois !

J’avoue, dit M. Rousseau, que l’étude de l’univers devroit élever l’homme à son Créateur ; mais elle n’élève que la vanité humaine.... Elle fomente son incrédulité, son impiété. Jamais le mot impie d’Alphonse X ne tombera dans l’esprit de l’homme vulgaire ; c’est à une bouche savante que ce blasphême étoit réservé.

Le mot d’Alphonse X surnommé le Sage, n’a du blasphême que l’apparence ; c’est une plaisanterie très-déplacée, à la vérité, par la tournure de l’expression : mais le fond de