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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/53

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nature de l’homme. C’est donc de cette nature même de l’homme, continue-t-il, de sa constitution & de son état, qu’il faut déduire les principes de cette science.

Ce n’est point sans surprise & sans scandale qu’on remarque le peu d’accord qui regne sur cette importante matiere entre les divers auteurs qui en ont traité. Parmi les plus graves Ecrivains, à peine en trouve-t-on deux qui soient du même avis sur ce point. Sans parler des anciens Philosophes qui semblent avoir pris à tâche de se contredire entr’eux sur les principes les plus fondamentaux, les Jurisconsultes Romains assujettissent indifféremment l’homme & tous les autres animaux à la même loi naturelle, parce qu’ils considerent plutôt sous ce nom la loi que la nature s’impose à elle-même que celle qu’elle prescrit ; ou plutôt à cause de l’acception particuliere selon laquelle ces Jurisconsultes entendent le mot de toi, qu’ils semblent n’avoir pris en cette occasion que pour l’expression des rapporte généraux établis par la nature entre tous les êtres animés, pour leur commune conservation. Les modernes ne reconnoissant, sous le nom de loi, qu’une regle prescrite à un être moral, c’est-à-dire intelligent, libre, & considéré dans ses rapports avec d’autres êtres, bornent conséquemment au seul animal doué de raison, c’est-à-dire à l’homme, la compétence de la loi naturelle ; mais définissant