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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/473

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qu’elle envoye des Nonces à la Diete. Ce frein est absolument nécessaire pour les contenir dans leur devoir & prévenir toute corruption, de quelque part qu’elle vienne. Quoiqu’on en puisse dire, je ne vois aucun inconvéniens à cette gêne, puisque la chambre des Nonces n’ayant ou ne devant avoir aucune part au détail de l’administration, ne peut jamais avoir à traiter aucune matiere imprévue : d’ailleurs pourvu qu’un Nonce ne fasse rien de contraire à l’expresse volonté de ses constituans, ils ne lui feroient pas un crime d’avoir opiné en bon citoyen sur une matiere qu’ils n’auroient pas prévue, & sur laquelle ils n’auroient rien déterminé. J’ajoute enfin que quand il y auroit en effet quelque inconvénient à tenir ainsi les Nonces asservis à leurs instructions, il n’y auroit point encore à balancer vis-à-vis l’avantage immense que la loi ne soit jamais que l’expression réelle des volontés de la Nation.

Mais aussi, ces précautions prises, il ne doit jamais y avoir conflit de juridiction entre la Diete & les Diétines, & quand une loi a été portée en pleine Diete je n’accorde pas même à celles-ci droit de protestation. Qu’elles punissent leurs Nonces, que s’il le faut elles leur fassent même couper la tête quand ils ont prévariqué ; mais qu’elles obéissent pleinement, toujours, sans exception, sans protestation, qu’elles portent comme il est juste la peine de leur mauvais choix ; sauf à faire à la prochaine Diete, si elles le jugent à propos, des représentations aussi vives qu’il leur plaira.

Les Dietes étant fréquentes ont moins besoin d’être longues, & six semaines de durée me paroissent bien suffisantes pour les besoins ordinaires de l’Etat. Mais il est contradictoire