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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/448

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L’exposé succinct des mœurs des Polonois qu’a bien voulu me communiquer M. de Wielhorski ne suffit pas pour me mettre au fait de leurs usages civils & domestiques. Mais une grande nation qui ne s’est jamais trop mêlée avec ses voisins doit en avoir beaucoup qui lui soient propres, & qui peut-être s’abâtardissent journellement par la pente générale en Europe de prendre les goûts & les mœurs des François. Il faut maintenir rétablir ces anciens usages & en introduire de convenables qui soient propres aux Polonois. Ces usages, fussent-ils indifférens, fussent-ils mauvais même à certains égards, pourvu qu’ils ne le soient pas essentiellement, auront toujours l’avantage d’affectionner les Polonois à leur pays & de leur donner une répugnance naturelle à se mêler avec l’Etranger. Je regarde comme un bonheur qu’ils aient un habillement particulier. Conservez avec soin cet avantage : faites exactement le contraire de ce que fit ce Czar si vanté. Que le Roi ni les sénateurs ni aucun homme public ne portent jamais d’autre vêtement que celui de la nation, & que nul Polonois n’ose paroître à la cour vêtu à la Françoise.

Beaucoup de jeux publics où la bonne mere patrie se plaise à voir jouer ses enfans ! Qu’elles’occupe d’eux souvent afin qu’ils s’occupent toujours d’elle. Il faut abolir, même à la cour, à cause de l’exemple, les amusemens ordinaires des cours, le jeu, les théâtres comédie opéra, tout ce qui effémine les hommes, tout ce qui les distrait les isole leur fait oublier leur patrie & leur devoir, tout ce qui les fait trouver bien par-tout pourvu qu’ils s’amusent ;