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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/28

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plusieurs Peuples dont aucun n’eût intérêt à l’envahir, & dont chacun eût intérêt d’empêcher les autres de l’envahir eux-mêmes ; une République, en un mot, qui ne tentât point l’ambition de ses voisins, & qui pût raisonnablement compter sur leur secours au besoin. Il s’ensuit que, dans une position si heureuse, elle n’auroit eu rien à craindre que d’elle-même, & que si ses Citoyens s’étoient exercés aux armes, ç’eût été plutôt pour entretenir chez eux cette ardeur guerriere & cette fierté de courage qui sied si bien à la liberté, & qui en nourrit le goût, que par la nécessité de pourvoir à leur propre défense.

J’aurois cherché un pays où le droit de législation fût commun à tous les Citoyens : car qui peut mieux savoir qu’eux, sous quelles conditions il leur convient de vivre ensemble dans une même société ? Mais je n’aurois pas