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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/187

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pis ; & ils dont pas songé à se transporter au-delà des siecles de société, c’est-à-dire de ces tems où les hommes ont toujours une raison de demeurer près les une des autres, & où tel homme a souvent une raison de demeurer à côté de tel homme ou de telle femme.

Pag. 65. (Note 13.)

Je me garderai bien de m’embarquer dans les réflexions philosophiques qu’il y auroit à faire sur les avantages & les inconvéniens de cette institution des langues : ce n’est pas à moi qu’on permet d’attaquer les erreurs vulgaires, & le peuple lettré respecte trop ses préjugés pour supporter patiemment mes prétendus paradoxes. Laissons donc parler des gens à qui l’on n’a point fait un crime d’oser prendre quelquefois le parti de la raison contre l’avis de la multitude. Nec quidquam felicitati humani generis decederet, si, pulsa tot linguarum peste & confusione, unam artem callerent mortales, & signis, motibus, gestibusque licitum foret quidvis explicare. Nunc verÒ ita comparatum est, ut animalium quae vulgÒ bruta creduntur, melior longè quàm nostra hâc parte videatur conditio, utpotè quae promptius & forsan felicius, sensus & cogitationes suas sine interprete significent, quàm ulli queant mortales, praesertim si peregrino utantur sermone. Is. Vossius, de Poemat. Cant. & viribus Rythmi, p. 66.

Pag. 70. (Note 14.)

Platon, montrant combien les idées de la quantité discrete & de ses rapports sont nécessaires dans les moindres arts, se moque avec raison des auteurs de son tems qui prétendoient que Palamede avoit inventé les nombres au siege de Troye, comme si, dit ce philosophe, Agamemnon eût pu ignorer jusque-là combien il avoit de jambes ? En effet, on sent impossibilité que la société & les arts fussent parvenus où ils étoient déjà