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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/158

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Pag. 52. (Note 7.)

"La durée de la vie des chevaux, dit M. de Buffon, est, comme dans toutes les autres especes d’animaux, proportionnée à la durée du tems de leur accroissement. L’homme, qui est quatorze ans à croître peut vivre six ou sept fois autant de tems, c’est-à-dire quatre-vingt-dix ou cent ans ; le cheval, dont l’accroissement se fait en quatre ans, peut vivre six ou sept fois autant, c’est-à-dire vingt-cinq ou trente ans. Les exemples qui pourroient être contraires à cette regle sont si rares, qu’on ne doit pas même les regarder comme une exception dont on puisse tirer des conséquences ; & comme les gros chevaux prennent leur accroissement en moins de tems que les chevaux fins, ils vivent aussi moins de tems & sont vieux des l’âge de quinze ans."

Pag. 52. ( Note 8.)

Je crois voir entre les animaux carnaciers & les frugivores une autre différence encore plus générale que celle que j’ai remarquée dans la note (5), puisque celle-ci s’étend jusqu’aux oiseaux. Cette différence consiste dans le nombre des petits, qui n’excede jamais deux à chaque portée pour les especes qui ne vivent que de végétaux, & qui va ordinairement au-delà de ce nombre pour les animaux voraces. Il est aisé de connoître à cet égard la destination de la nature par le nombre des mamelles, qui n’est que de deux dans chaque femelle de la premiere espece, comme la jument, la vache, la chevre, la biche, la brebis, &c. & qui est toujours de six ou de huit dans les autres femelles, comme la chienne, la chatte, la louve, la tigresse, &c. La poule, l’oie, la canne, qui sont toutes des oiseaux voraces, ainsi que l’aigle, l’épervier, la chouette, pondent aussi & couvent un grand nombre d’œufs, ce qui n’arrive