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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/149

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PREFACE, page 31.

(Note 2) Dès mon premier pas je m’appuie avec confiance sur une de ces autorités respectables pour les Philosophes, parce qu’elles viennent d’une raison solide & sublime, qu’eux seuls savent trouver & sentir.

"Quelque intérêt que nous ayons à nous connoître nous-mêmes, je ne sois si nous ne connoissons pas mieux tout ce qui n’est pas nous. Pourvus par la nature d’organes uniquement destinés à notre conservation, nous ne les employons qu’à recevoir les impressions étrangeres ; nous ne cherchons qu’à nous répandre au dehors, & à exister hors de nous : trop occupés à multiplier les fonctions de nos sens & à augmenter l’étendue extérieure de notre être, rarement faisons-nous usage de ce sens intérieur qui nous réduit à nos vraies dimensions, & qui sépare de nous tout ce qui n’en est pas. C’est cependant de ce sens dont il faut nous servir, si nous voulons nous connoître ; c’est le seul par lequel nous puissions nous juger ; mais comment donner à ce sens son activité & toute son étendue ? Comment dégager notre ame, dans laquelle il réside, de toutes les illusions de notre esprit ? Nous avons perdu l’habitude de l’employer, elle est demeurée sans exercice au milieu du tumulte de nos sensations corporelles, elle s’est desséchée par le feu de nos passions ; le cœur, le esprit, les sens, tout a travaillé contre elle. Hist. Nat. T.4 pag. 151. de la Nat. de l’homme."

DISCOURS, page 47.

(Note 3.) Les changemens qu’un long usage de marcher sur deux pieds a pu produire dans la conformation de l’homme, les