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Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t1.djvu/148

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NOTES

DEDICACE, page 7.

(Note1.)Hérodote raconte qu’après le meurtre du faux Smerdis, les sept libérateurs de la Perse s’étant assemblés pour délibérer sur la forme de gouvernement qu’ils donneroient à l’Etat, Otanes opina fortement pour la république : avis d’autant plus extraordinaire dans la bouche d’un Satrape, qu’outre la prétention qu’il pouvoit avoir à l’empire, les grands craignent plus que la mort une sorte de gouvernement qui les force à respecter les hommes. Otanes, comme on peut bien croire, ne fut point écouté, & voyant qu’on alloit procéder à l’élection d’un monarque, lui qui ne vouloit ni obéir ni commander, céda volontairement aux autres concurrens son droit à la couronne, demandant pour tout dédommagement d’être libre & indépendant, lui & sa postérité ; ce qui lui fut accordé. Quand Hérodote ne nous apprendroit pas la restriction qui fut mise à ce privilége, il faudroit nécessairement la supposer ; autrement Otanes, ne reconnaissant aucune sorte de loi, & n’ayant de compte à rendre à personne, auroit été tout-puissant dans l’Etat, & plus puissant que le roi même. Mais il n’y avoit gueres d’apparence qu’un homme capable de se contenter, en pareil cas d’un tel privilege, fut capable d’en abuser. En effet, on ne voit pas que ce droit ait jamais causé le moindre trouble dans le royaume, ni par le sage Otanes, ni par aucun de ses descendants.