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d’être entré plusieurs fois dans cette maison, était du nombre de ceux qui venaient d’opérer une aussi glorieuse retraite.

Quelques minutes plus tard, le silence se rétablit, et la conversation reprend son cours parmi les témoins de cet effrayant spectacle.

Un jeune homme de vingt-quatre ans prend alors la parole et dit :

« Si c’est vous, mon oncle, — son oncle était mort depuis quelques mois, — qui avez besoin de prières, frappez autant de coups que vous voulez avoir de messes. »

Sa demande reste sans réponse.

Un farceur lui fait remarquer qu’il n’est peut-être pas en état de grâce, et que, conséquemment, sa prière ne sera ni entendue ni exaucée.

« Tu as raison, réplique-t-il ; mais voici ma petite sœur qui n’a que cinq ans ; elle est aussi pure qu’un ange. Le revenant lui répondra sans aucun doute.

— C’est bien ; fais-la parler. »

Irma, c’était son nom, répète la demande de son frère d’une voix ferme et distincte.

Aussitôt vingt-cinq coups, frappés avec violence, se font entendre au grenier. À ce prodige tout le monde de tomber à genoux et de se mettre en prières. Le père de la jeune fille, qui avait adressé la parole au revenant, promet vingt-cinq messes pour les âmes du purgatoire : le tapage cesse et la lumière s’éteint.