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tel, afin de réfléchir dans le calme et la solitude aux choses sérieuses du lendemain. Pierriche se rend avec plaisir au vœu du notaire. Les fatigues et les émotions que les deux amis ont éprouvées depuis le matin ont épuisé leurs forces physiques, de sorte qu’ils songent bientôt à se livrer au sommeil.

Le notaire. — Allons, Pierriche, nous jeter dans les bras de Morphée. La nuit porte conseil. Demain, nous délibérerons.

Pierriche. — Morphy ! Est-ce M. Murphy qui vend du charbon à la basse-ville ?

Le notaire. — Non, Pierriche ; c’est un dieu de la mythologie, qui procure un doux repos aux faibles mortels.

Pierriche. — Ah ! que vous êtes savant, notaire. Mais la mythologie, est-ce l’art de faire des mitaines ?

Le notaire. — Voyons, Pierriche, tu n’as pas envie de commencer ce soir un cours d’études classiques. Allons nous coucher. »

Le notaire et le millionnaire se retirent dans leur chambre et dorment comme des bienheureux jusqu’au lendemain matin.

Le notaire, en s’éveillant, jette un coup d’œil sur la pendule.

« Neuf heures, se dit-il. Vite, Pierriche, debout ! »

La toilette et le déjeuner terminés, les deux amis, tout rayonnants de joie, se dirigent vers la banque ; mais il leur faut attendre encore quinze longues