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du Monomélapa se firent, un plaisir de relater à leur bon curé tous les faits qui se rattachaient à cette merveilleuse histoire.

Pierriche et Louison. s’écrièrent ensemble : — Monsieur le curé, nous sommes millionnaires. Mais, pour cela, nous n’oublierons par notre ancien état. Les pauvres seront les premiers qui éprouveront les doux bienfaits de notre fortune. Nous paierons toutes les dettes de l’église et celles du collège ; nous ferons bâtir un couvent. Nous mettrons tous les habitants à l’aise. Et notre capital ne sera pas encore entamé. Car, imaginez-vous donc que, si tout notre argent était converti en pièces d’or, nous en aurions assez pour couvrir toutes les voies publiques d’ici à Québec. La traite que nous avons entre les mains porte la jolie somme de $ 900 000 000, et ce ne sont que les intérêts de l’année dernière.

M. le curé. — La noble conduite que vous vous proposez de tenir vous honore. Dieu vous récompensera dans l’autre vie pour toutes les aumônes que vous ferez. Votre fortune, au lieu de diminuer, augmentera de jour en jour, car votre trésor ne sera pas de ce monde. Dites donc, quand pensez-vous aller à Québec ?

Le notaire. — À midi même, monsieur le curé. Messieurs les barons m’ayant fait l’honneur de me choisir pour gérer leur colossale fortune, je leur ai conseillé d’agir sur-le-champ.

M. le curé. — Pierriche et Louison, vous avez