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elle forgea une histoire anecdotique de sa découverte. Il y eut tel soir, tel mot, tel geste. Puis, Marie passa à la limite. Elle posa que Georges luttait de toutes ses forces contre lui-même. Il ne voulait pas aimer la maîtresse de son ami, il s’était caché sa passion à lui-même, il essayait de se la cacher encore et souffrait affreusement. Saisie de compassion, elle devenait moins timide et racontait, pour le distraire, avec une faible malice, les potins du théâtre.

Un soir, elle lui dit, tandis qu’ils traversaient le pont du Châtelet :

— Vous êtes aussi poète, n’est-ce pas ?

— Oui, dit-il… je suis aussi poète… je prépare même un volume de vers…

Il avait, en effet, tracé le plan d’un poème : La vie des Étoiles. Toutefois, il ne commencerait pas de l’écrire avant de s’être