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à soubresauts, avec des élans d’impatience qui le brisent, qui tendent désespérément ses nerfs et endolorissent son cœur.

Jusqu’à la nuit, c’est le flux et le reflux de la mer intérieure, les ressacs, les raz de marée, une effrayante répétition qui le remet devant les mêmes états d’âme, les mêmes désespoirs, les mêmes crises de jalousie, avec de brusques et courts répits, où il parvient à croire qu’il la reverra et qu’elle sera seule.


Il dormit cependant et, lorsqu’il se leva, son émotion s’était unifiée. Il n’y avait plus de jalousie. Le passé s’enfonçait dans une brume. Même l’appréhension de rencontrer un importun chez Marie avait disparu. C’est maintenant la peur de ne pas la trouver qui menait le troupeau des sensations. Cette