Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/210

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Pourtant, ce n’était pas l’instinct pur de la bête. Tout autour s’ajustaient les aspirations de l’homme, les multitudes impondérables de la fiction, ces symboles obscurs ou étincelants qui sont devenus des réalités irrésistibles…


— Du café ?… Marc ?… Fine ?..

— Du marc ! répondit Gabrielle qui convoitait avec un plaisir jovial la liqueur d’ambre.

Quand le marc, servi en contrebande, eut disparu, Georges subit un soudain reflux de timidité. Ce fut la minute du destin. Ce qu’il voulait de Gabrielle prit une ampleur démesurée, une valeur infinie, et parut impossible. La rue fut là, petit rameau des rues sans nombre, emblème des rôderies vaines. Il frissonna, une lâcheté de renoncement