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II


Le village pue. Il distille dans le vent léger une odeur de cadavres et d’excréments. On a laissé pourrir des morts dans les ruines et les soldats répandent au hasard les résidus de la digestion. Il y a aussi, par intermittences, une fine traînée de pollens, avec l’haleine verte des bois et les baumes délicats de la prairie.

Dans le ferme, dont une moitié est calcinée, le fermier s’est fait mercanti. Il vend du pinard, de la bière, de la gnôle, du sau-