Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/165

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


s’il ne pouvait donner et recevoir un dernier baiser, sa vie serait perdue. Cette hantise était au centre de ses émotions, comme un fauve dans le hallier ; elle lui faisait mieux concevoir la douceur du nid paternel que, peut-être, il ne reverrait jamais plus !

Never more ! balbutiait-il, parce qu’il mêlait naturellement la littérature à sa vie.

Le cœur appesanti, il sentait décroître de à jour en jour l’orgueil de son acte. De quelle sécurité abondante et tendre, son père et Thérèse l’avaient enveloppé ! Avec eux, la cruauté sociale, l’anxiété des lendemains étaient abolis. Aussi tranquille à leur ombre qu’un catholique à l’ombre du Christ, c’est en lui-même qu’il trouvait la source de ces désirs inassouvis qui empoisonnent l’existence.