Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/158

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


session d’elle-même et cette effronterie malicieuse !…

Le matin du jeudi, toutes les formes de l’émotion s’aggravèrent jusqu’à le rendre malade, et quand il sonna chez les Bonnefoz, il se mit à trembler sur ses jambes, tandis qu’une brume flottait sur ses prunelles…

Mais la vue de la bonne lui causa une réaction chaleureuse, ses jambes s’affermirent ; il s’avança avec une manière d’audace dont, obscurément, il était fier :

— Émile est là ?

— Oui, monsieur. Il est chez lui, répondit la servante.

Cette réponse consterna le jeune homme. Il songea à la dernière entrevue, dont le souvenir lui laissait une impression d’aridité, de vide et d’attente dérisoire.