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II


Il passa trois jours noirs et merveilleux. Rose, la guerre, son départ, le saisissaient à son réveil, mais Rose était de beaucoup la plus forte. Elle était éparpillée en molécules innombrables dans chacun de ses sens, et concentrée dans chaque battement de son cœur. Sa narine ne cessait d’évoquer l’odeur légère de la peau et des vêtements. Son ouïe ne cessait d’entendre une voix trouble et mutine, un rire de cristal et de rivière. Son toucher se grisait inlassablement de la trace indélébile des lèvres, du cou, des cheveux.