qui le peux, refais le tien ! C’est le plus sûr. Je pense bien que tu ne t’en tiendras pas à ton nid. Mais il t’en faut un. Pour rebâtir, il faut commencer par le commencement. Fais ta cellule, ton rayon, et puis ta ruche. »
Ruche se releva, soupira, se recoiffa, siffla, se détendit les bras, dit ;
— « Père Marc, tu devrais prêcher le catéchisme. »
lui rit au nez, le lui tira, et s’en alla…
Elle ne fît rien, elle laissa passer le temps. Un jour, elle revint, gantée de noir :
— « Le vieux est mort. Tu avais raison. J’ai trop attendu. Je m’en vais. Trop tard !… »
Elle parlait sans émotion. Mais il vit la peine et l’amertume des remords.
— « Ce qui est fait est fait, dit-il, en lui serrant la main. Ma Ruche, regarde devant toi ! »
— « Ta Ruche, oui, eh bien, on la refera. On tâchera… Mais toi, mon petit, je m’inquiète, c’est toi qui restes… Promets-moi qu’au moins, un jour, tu y goûteras ! »
— « À quoi ? »
— « À Ruche. À moi. À ma famille. À ma maison. »
— « Je promets. Ruche. Fais ton miel ! »
Ils se serrèrent dans leurs bras.