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leur endroit. En effet, les moyens de persuasion n’ayant donné aucun résultat, Du Vivier et de Gannes, qui commandaient la première expédition, en vinrent aux ordres les plus sévères [1] : « Nous, capitaine d’infanterie, commandant des troupes envoyées pour assiéger Port-Royal, par ordre de M. Du Quesnel, etc… déclarons, au nom du roi, ce qui suit : Les habitants des Mines, comprenant les paroisses de Grand-Pré, Rivière Canard, Piziquid et Cobequid, sont requis de reconnaître l’obéissance qu’ils doivent au Roi de France, et en conséquence les dites paroisses sont mises à contribution de la façon suivante… (Suit l’énumération de tout ce que comprend la présente réquisition)… Et tous ceux qui contreviendront au présent ordre seront punis comme sujets rebelles, et livrés aux mains des sauvages comme ennemis de l’État, car nous ne pouvons pas refuser aux sauvages la demande qu’ils nous ont faite de s’emparer de tous ceux qui ne voudront pas faire leur soumission… »

Du Vivier [2].
Grand-Pré, le 27 août 1744.
  1. M. Du Vivier’s orders to the inhabitants of Mines, Piziquid, River Canard, and Cobequid. (Translated from the French), Akins, p. 134. Nous ne croyons pas nécessaire de donner en son entier ce document, qui est un ordre de réquisition en règle, obligeant les Acadiens de ces cantons à fournir des hommes, des chevaux et des cornes à poudre, (powder horns), à tel jour et telle heure fixés, comme aussi à envoyer des députés devant, au nom de tous, jurer fidélité au Roi de France. (Cf. Archives du Canada. Île Royale. Corresp. Générale, 1744, vol 26. M. Du Quesnel, Gouverneur, c. 11. Août 27. Grand-Pré, fol. 196).
  2. La nouvelle de la déclaration de guerre étant parvenue à Duquesnel, gouverneur de Louisbourg, celui-ci s’empressa de porter un grand coup aux Anglais, avant que ceux-ci ne s’y fussent préparés. Il envoya donc, de bonne heure en mai 1744, Du Vivier, qui s’empara de Canso, et ensuite entra dans l’Acadie, avec son détachement, auquel se joignirent plusieurs partis de sauvages. Un certain nombre d’Acadiens, dit Ferland, prirent tous les arrangements qu’il leur proposa (par la proclamation du 27 août, que nous venons de citer), pour la fourniture des vivres et de toutes les autres choses dont il pourrait avoir