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M. de la Gaudalie. Dans ces lettres, Mascarène discute fort courtoisement les motifs des mesures qu’il a prescrites à ces

    Sault-au-Récollet. Après avoir fait un court séjour en France il vint à Louisbourg, en septembre 1739, avec l’abbé Nicolas Vauquelin. L’abbé Vauquelin avait été nommé curé d’Annapolis Royal, par le lt-gouv. Armstrong, et Desenclaves fut envoyé successivement à Cobequid (maintenant Truro), à Grand-Pré et Rivière-aux-Canards (maintenant Canning). En juin 1742, Desenclaves devint curé d’Annapolis, et pendant 12 ans vécut en bons termes avec le gouverneur et les principaux officiers de l’endroit. Après que Duvivier eut éprouvé un échec devant Annapolis, en 1744, il attribua son insuccès aux missionnaires de l’Acadie, et il écrivit un rapport à de Maurepas dans lequel il se plaignait que les prêtres n’eussent pas encouragé les Acadiens à seconder son entreprise. Desenclaves tint la même loyale ligne de conduite en 1745 et en 1747, lors des expéditions de Marin et de De Ramezay contre Annapolis, ainsi qu’en font foi deux lettres de l’abbé Daudin et de l’abbé Le Loutre, en date du 10 août et du 26 septembre 1754. Desenclaves avait quitté Annapolis au printemps de 1754 : le dernier acte signé de sa main qui se trouve dans les registres locaux est daté du 8 avril 1754. Il alla dans les établissements d’Entremonts et Camisaults, au Cap Sable, (lesquelles fondations sont maintenant connues sous les noms de Barrington et de Pubnico), et y demeura deux ans. Quand Prebble fit escale à ces endroits, en allant de Halifax à Boston, en avril 1756, il fit prisonniers et emmena plusieurs des Acadiens. Desenclaves réussit à s’échapper avec un petit nombre d’entre eux, et trouva refuge à la Pointe Baccaro, quatre milles au delà de Port La Tour. Il y était depuis 2 ans et demi quand il fut capturé par les Goreham’s Rangers, envoyés par Monckton en septembre 1758, à la recherche des Acadiens réfugiés dans le voisinage du Cap Sable. Le major Morris embarqua les prisonniers et les dirigea sur Halifax. Ces prisonniers, avec d’autres pris durant l’automne de 1758, furent expédiés en France sur deux Cartel-Ships, et arrivèrent au Havre en février 1759. Desenclaves avait passé neuf ans au Canada et vingt en Acadie, comme missionnaire. Quand il fut capturé à Baccaro, il était pauvre, vieux et faible. Grâce à l’entremise de l’abbé de l’Isle-Dieu, le ministre, M. Berryer, obtint une pension de 400 livres pour ce pauvre abbé, qui alla finir ses jours à Limoges. La date de sa mort n’est pas connue.

    (Cf. appendices). Cf. également le Tableau Sommaire des missionnaires séculiers, etc., dressé par l’abbé de l’Isle-Dieu :

    « Acadie Angleise. — Avant la dévastation des postes que nous avions sous le gouvernement anglais dans l’intérieur de la Péninsule ou Nouvelle-Écosse, nous y avions plus de 1600 habitans et cinq missionnaires séculiers, sçavoir MM. de la Goudalie… de Chauvreuil… Des Enclaves… Daudin et Lemaire. »

    « Des cinq missionnaires dont il est parlé dans l’article cy-contre les deux premiers et le quatrième sont morts… Le troisième consumé d’années et de