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Or, il est heureux pour l’humanité, que cette exception se soit produite. L’Angleterre doit sa grandeur à son culte de la liberté : c’est par là qu’elle est devenue pour les autres nations un exemple et un guide. En présence des résultats produits chez elle par le régime de la liberté, les peuples ont ouvert les yeux ; ils se sont inspirés de sa conduite ; ils ont voulu l’imiter. Ils ont également vu un modèle à suivre dans la nation que l’Angleterre a créée sur ce continent avec des éléments rajeunis et dans des conditions que seule pouvait en offrir une terre nouvelle.

Il semble que l’évolution de l’Angleterre dans le sens de la liberté soit un peu le fruit du hasard : c’est petit à petit pour répondre aux besoins du moment, pour se soustraire aux caprices ruineux d’un despote, pour donner satisfaction à cet instinct d’indépendance qui est si naturel au cœur humain, qu’elle s’est acheminée, en quelque sorte inconsciemment, dans cette voie. Mais les conséquences d’une telle évolution se dessinèrent enfin de façon précise et apparurent si avantageuses que la liberté fut adoptée comme principe de gouvernement. Il devint bientôt évident que la liberté avait pour accompagnement nécessaire l’éducation, que le progrès de l’une demandait le progrès de l’autre : et donc, au fur et à mesure que croissait la liberté, l’éducation étendait aussi son domaine : et c’est au développement simultané de ces deux puissances que notre siècle doit d’être parvenu à un si haut degré de civilisation.

Bonne en soi et si on la considère de façon abstraite, la liberté peut cependant devenir la source de bien des maux. Elle ne produit des effets salutaires que dans la mesure où les moyens et les procédés que l’on a mis en œuvre pour l’obtenir furent légitimes. Et de tous les moyens de la conquérir, le meilleur, celui qui donne les résultats les plus