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APPENDICE VI


(Cf. Chapitres vingt-sixième — vingt-septième — vingt-huitième.)


Arch. Can. (1905). App. II. P. 236 et seq. App. B. P. 36 et seq.


Extrait du Journal que j’ay tenu sur les différents événemens qui se sont passés en l’Acadye depuis la prise du fort de Beauséjour[1].


20 juillet 1755.


Les Anglois après la prise de Beauséjour et avoir désarmé tous les habitants qui en dépendent vinrent dans six bâtimens tant senauts que goélettes au nombre de deux mille.

Les Accadiens et les sauvages que j’avois mis pour s’opposer à leurs descentes tout épouvanté de la prise de Beauséjour et de la perte de douze hommes qu’ils avoient fait la veille, les Anglois les ayant surpris le long de la mer à la découverte ne firent point grand résistance n’ayant que trente hommes de garnison les deux bastions du côté de la mer écroulés au point que de l’entrée du havre l’on voyait la place du fort, n’ayant que quatre canons de huit très mal en batterye, l’artillerie et munition qui me venoit de Louisbourg étant prise, ne pouvant avoir aucun secours de Canada, je prit le party de faire sauter mon fort au plus tôt, les maisons et de me batre en retraite jusques dans les détroits de cette rivière qui en sont à un quart de lieue où l’ennemi croyant ne pouvoir y trouver que du désavantage à vouloir m’y forcer se retira le vingt-cinq.

Le vingt-six je rendit compte à Monsieur de Vaudreuille de ce qui se passoit et je fut approuvé de luy pour la conduitte que j’avois tenue en cette occasion ayant empêché les habitants de tomber sous la domination des Anglois et d’avoir touts les mauvais traitements qu’ils font souffrir à ceux de Beauséjour.

  1. Cette relation m’a esté envoyée le vingt septembre 1755 par Monsieur de Boishébert, lieutenant d’Infanterie et Commandant à la Rivière Saint-Jean, il a esté fait Capitaine en 1756 en considération des services qu’il a rendus dans cette expédition.

    (Cette note, non signée, est du marquis de Vaudreuil. — Pl. G.)