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emprisonner et qui étaient encore détenus dans l’Ile St-Georges ? Ils ne pouvaient guère en douter, puisqu’ils venaient avec une réponse définitive de ne pas prêter le serment qu’il exigeait. Il y avait, de leur part, sinon de l’héroïsme, du moins de l’abnégation, à accepter un mandat qui les exposait au sort de ceux qui languissaient en prison. Mais il n’y avait pas à hésiter, il fallait obéir strictement aux ordres ; et d’autre part, il fallait quelqu’un pour affronter la colère et les vengeances du tyran. Mais pourquoi ce nombre si considérable, lorsque celui des députés ordinaires était limité à vingt quatre ! Nous le verrons plus tard ; et c’était là encore une des machinations de Lawrence, laquelle montre jusqu’à quel point il avait arrangé longtemps d’avance tous les détails de son crime et jusqu’où il poussait l’inhumanité.

Voici d’abord la réponse des habitants d’Annapolis [1].


« Conseil tenu en la maison du gouverneur, à Halifax, le vendredi 25 juillet, 1755. Présents : le lieutenant-gouverneur, Benj. Green, Jno. Collier, Willm. Cotterell, Jno. Rous, Jon’n Belcher, conseillers. MM. le Vice-amiral Boscawen et le contre-amiral Mostyn, aussi présents. Le lieutenant-gouverneur soumit au Conseil le Mémoire suivant qu’il avait reçu de la part des habitants de Rivière Annapolis.

« À son Excellence l’Honorable Charles Lawrence, lieutenant-gouverneur et commandant-en-chef de la Province de

  1. Il y a, aux archives, trois réponses : l’une, de la part des habitants d’Annapolis, l’autre, de la part des habitants de Pisiquid ; la troisième, de la part des habitants de Rivière-aux-Canards et lieux adjacents. Le MS. original, — fol. 547-8-9, — n’en donne que deux ; ou plutôt, la deuxième et la troisième sont fondues en une seule, et d’ailleurs écourtées, tout ainsi que la première. — Nous donnons ici ces documents intégralement.