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Les revendications anglaises au sujet des frontières de l’Acadie ne manquaient pas d’ampleur, ainsi qu’on va le voir : elles embrassaient, en effet, outre la péninsule proprement dite, tout la partie qui forme aujourd’hui le Nouveau-Brunswick. Les Français, de leur côté, réclamaient toute la partie est de la péninsule acadienne. De part et d’autre, l’on croyait avoir de bonnes raisons pour appuyer ses réclamations : les droits que l’on invoquait reposaient sur des chartes d’une teneur imprécise ou contradictoire, octroyées

    autre nation ? Peut-être que les entreprises commerciales et industrielles s’y font sur une moins grande échelle qu’ailleurs, mais elles sont généralement à bases plus sûres. La France est le pays du monde où la richesse est le mieux partagée, on a dit de la France qu’elle était le banquier de l’Europe. Et que l’on se rappelle l’invraisemblable rapidité avec laquelle elle a payé à la Prusse les cinq milliards d’indemnité après la guerre de 70. — Toutes ces considérations demanderaient à être développées. Leur brève notation suffit, je crois, à montrer que l’auteur d’Acadie, ici, comme dans sa Préface, comme dans des chapitres précédents où il traite des entreprises coloniales françaises et anglaises, manque de mesure, ne nuance pas sa pensée, et, sans le vouloir sans doute, commet, au détriment du génie de la France, des erreurs qui sautent aux yeux.

    « In the history of the expansion of England, one of the greatest epochs is marked by the treaty of Utrecht. In our survey, this date stands out almost as prominently as the date of the Spanish Armada, for it marks the beginning of the English supremacy… From about 1600 to 1700, France has been the first state in the world beyond all dispute. But the Treaty of Utrecht left England the first state in the world, and she continued for some years to be first without a rival. If ever, it was after this time that she held the same kind of intellectual primacy which France had held before. Much of this splendour was transient… The decisive event of it (the dual of France and England) is the Seven Years war and the new position given to England by the Treaty of Paris in 1762… »

    Cf. J. E. Seeley, The Expansion of England. Lect. VII. Phases of Expansion. Passim.

    M. Étienne Lamy, dans son magnifique article : Choses d’Espagne, (Revue des Deux-Mondes du 15 août 1916) développe précisément cette idée, en l’appliquant à l’Espagne moderne, qu’une nation peut avoir perdu sa puissance matérielle et être restée très grande par son culte de l’éternel et son influence dans l’ordre supérieur de la pensée.