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l’on pense, l’empreinte de la bassesse de son caractère et de la cupidité qui l’animait. Les gens de cette espèce ne peuvent guère avoir qu’une habileté de second ordre, très savante peut-être lorsqu’il ne s’agit que de l’exécution de leur rôle, mais puérile et boiteuse, lorsqu’il devient question d’eux-mêmes : car, en ce cas, la bassesse dont ils sont pétris éclate de toutes parts. Le mémoire de Pichon, à travers les flatteries dont il est parsemé, contient une longue énumération des services qu’il a rendus et des pertes qu’il a encourues [1] :

« …Trompé grossièrement par l’homme que j’avais accompagné à l’Isle Royale (le comte de Raymond,) je projettai dès lors de me retirer auprès d’une nation que j’aime et que je savois être la plus raisonnable et la plus généreuses de toutes celles qui subsistent sur l’une et l’autre hémisphère… Après le départ du comte de Raymond qui avoit affecté d’ignorer ce qu’une généreuse équité exigeoit de lui, je fus envoyé par l’Intendant de l’Isle Royale à Beauséjour pour y faire les fonctions de Commissaire, d’Ordonnateur et de Subdélégué de l’Intendance. Peu de jours après mon arrivée Mr. Scott que j’avois vu à Louisbourg, et qui me connoissoit d’ailleurs de réputation, me fit complimenter sur ces nouveaux grades et m’invita à le visiter dans

    notes suivantes, de sa propre main : « These are invaluable papers as they reveal Pychon’s state of mind during his traiterous correspondence… The whole is in the original French : and is annotated throughout from the documents in the Council Records... Extends over twenty 4to pages. »

  1. À l’endroit du MS. original — fol. 480 — où commence l’extrait du Mémoire de Pichon, le traducteur a mis en marge au crayon : « Est-ce une citation textuelle ? » — La citation est textuelle, sauf en un ou deux passages que nous avons rectifiés. Il était nécessaire, pour l’intelligence de ce curieux mémoire, de le citer un peu plus longuement que Richard n’a fait : aussi nous sommes-nous permis de compléter l’extrait. »