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que j’ai donnés aux habitants ; mais je ne sais pas encore s’ils sont disposés à y obéir. Le capitaine vous informera de ce que j’aurais pu omettre dans la présente. »

A. Murray.


Cette lettre fut lue à une séance du conseil tenue le 2 octobre : après avoir délibéré sur son contenu, les conseillers remirent l’abbé Daudin à la garde du Bailli, et firent enfermer ses quatre compagnons, jusqu’à une autre séance du conseil, convoquée pour le lendemain, 3 octobre, dans le but d’examiner leur conduite.

« Le conseil s’étant réuni, M. Daudin et les habitants français y comparurent, et M. Daudin présenta un écrit qu’il disait contenir sa défense : cet écrit ayant été lu et dûment considéré, et rien n’y ayant été trouvé de nature à justifier sa conduite et ses agissements, et par contre, toutes les accusations dont l’avait chargé le capitaine Murray ayant été prouvées avec clarté et évidence ; en outre, lui ayant fait remarquer qu’alors qu’il était à Annapolis, il avait causé beaucoup de malaise et de mécontentement parmi les habitants de cet endroit, également que les habitants de Pisiquid, qui étaient très tranquilles et obéissants durant son absence, se montrèrent insoumis et récalcitrants dès qu’il fut de retour au milieu d’eux, le Conseil en vint à une résolution qui fut signifiée à Daudin dans les termes suivants :

« Vous avez été amené ici sur une plainte portée par l’officier commandant à Pisiquid, laquelle vous accusait d’y avoir tenu une conduite inconvenante et insolente ; après examen, il a été pleinement établi qu’en présence du dit officier commandant et d’autres sujets de Sa Majesté, vous avez avec impudence et menace, prononcé des paroles outra-