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Cette lettre montre bien toute la distance qui sépare un prélat distingué d’un fougueux abbé de la trempe de Le Loutre.

Si l’on ne s’en rapporte qu’aux documents qui exposent les faits, il serait fort difficile de prouver que les hostilités commises par les sauvages eurent pour instigateurs les Français et Le Loutre ; de dire lesquels, des Français ou des Anglais, furent les agresseurs. Mais la lettre plus haut citée de La Jonquière fournit la réponse à la question et résout tout doute sur ce point. Elle montre que les Français avaient prémédité le plan de se servir des Sauvages pour des fins d’hostilité ; et, comme nous savons d’autre part qu’ils avaient tout intérêt à mettre obstacle à une colonisation britannique, tandis que les Anglais avaient pour l’instant un égal intérêt à s’abstenir de toute agression, il convient de s’appuyer sur cette lettre, — encore qu’elle

    mière lettre avait eu de trop dur. Entre parenthèses, nous ajouterons qu’il y a des historiens qui doutent de l’authenticité de ce document.

    archevêché de québec

    Québec, 7 novembre 1916.

    Je regrette de vous dire, en réponse à votre lettre du 3 courant, que nous n’avons dans les archives, aucune trace de la lettre de Lord Cornwallis à Mgr Pontbriand.

    Quant à la lettre de l’évêque à l’abbé Le Loutre que vous mentionnez, nous n’en avons qu’une copie tout-à-fait récente, texte anglais emprunté aux Tyrrell Papers, au reste, elle ne porte pas de date.

    Lionel Lindsay, Ptre.

    N. B. — Du fait que nos registres ne contiennent pas copie d’une lettre attribuée à l’un ou l’autre de nos évêques, il ne faudrait pas conclure que telle lettre n’a pas été écrite. Dans les temps troublés où vivait Mgr de Pontbriand, il n’était guère facile de tenir à jour toutes les écritures du Secrétariat, si tant est qu’il eût toujours un secrétaire.