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vel établissement, de leur enlever les Acadiens, de les décourager en les faisant sans cesse attaquer par les sauvages de façon à les porter à abandonner leurs prétentions sur les territoires du Roi de France.

Rien n’est plus clair. Pour abréger, nous dirons que ces suggestions reçurent l’approbation du gouvernement français. Or, cette conduite était méprisable et sans excuse. À un moindre degré, la participation de Le Loutre et de Germain à toutes ces machinations l’était aussi, et l’histoire a le droit de mettre à la charge de ces derniers les vexations et les atrocités auxquelles se livrèrent les Sauvages contre les colons d’Halifax [1]. Toutefois, en justice, nous ferons observer à nouveau que le Père Germain et l’abbé Le Loutre étaient missionnaires chez les sauvages de l’Acadie Française (Nouveau Brunswick) et non de la péninsule (Nouvelle-Écosse).

Nous avons déjà parlé brièvement des efforts de Le Loutre pour faire émigrer les Acadiens de Grand-Pré et de tout le Bassin des Mines ; nous avons également signalé les moyens qu’il employa dans le même but à l’égard de ceux qui habitaient à Beaubassin, près de la frontière. Pour plus amples détails quant à ces derniers, nous laisserons parler

  1. Richard est bien sévère pour la France et les pauvres missionnaires français. Quand les autorités anglaises ne respectaient aucun traité, qu’elles attentaient à la langue et à la religion des Acadiens, qu’elles préparaient sournoisement contre eux l’infamie de la déportation, il aurait donc fallu, d’après l’auteur d’Acadie, que les Français, sous couleur de ne pas manquer à l’honneur ni aux délicatesses internationales, les laissassent agir à leur guise, et ne vinssent pas s’immiscer dans leur politique intérieure !! Quant aux vexations et aux atrocités dont il tient de vertueux prêtres responsables, que n’apporte-t-il des preuves réelles, au lieu de se livrer à des déclamations qui sont l’écho direct de ses lectures d’historiens anglais, trop intéressés à calomnier le catholicisme et la France pour mériter le moindre crédit.