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Page:Ribot - Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome 18.djvu/270

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II

Avant d'aborder Parménide lui-même, il ne sera pas hors de propos d'interroger le témoin plus ancien encore que nous avons déjà indiqué, ce médecin de Crotone, disciple immédiat de Pythagore, qui fut le premier physiologue. Il s'agit en effet de savoir si nous n'entrons pas dans une fausse route, et s'il est possible de constater une influence d'Alcméon sur Parménide, influence qui, dans les suppositions que nous avons faites, doit nécessairement s'être exercée.

A cet égard, on peut avoir toute satisfaction. La caractéristique d'Alcméon dérive de sa profession3 ; c'est lui qui le premier aborda les questions physiologiques, laissées par les premiers Ioniens en dehors du cercle de leurs théories, négligées plus tard par les pythagoriciens postérieurs. Nous trouvons au contraire ces mêmes questions traitées par Parménide et par Empédocle, et l'on ne peut douter qu'ils ne les empruntent au Crotoniate.

Il serait dès lors très désirable de pouvoir déterminer jusqu'à quel point Parménide a conformé son exposition poétique aux doctrines de son précurseur. On pourrait juger ainsi du degré de probabilité qu'il peut y avoir de retrouver dans sa physique de véritables dogmes pythagoriques. Malheureusement les fragments sont trop confus et contradictoires pour qu'il soit possible d'en tirer avec assurance une conclusion précise.

Théophraste (De sensu, 25, 26)4 donne une courte notice très nette