Ouvrir le menu principal

Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/79

Cette page a été validée par deux contributeurs.
49
CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

sur certaines questions. L’Angleterre ne s’est jamais bien trouvée que l’opposition soit annihilée à Westminster et ses périodes les plus fécondes ont été, au contraire, celles dans lesquelles le contrôle d’un parti sur l’autre a pu se faire sentir efficacement.

Les deux Castro.

Eh quoi ! ils sont deux ? C’était bien assez d’un seul. Mais rassurez-vous, l’autre — celui que vous ne connaissez pas — n’est pas gênant pour nous. Seulement ce nom prédestine, semble-t-il, ceux qui le portent à user envers les lois et les coutumes d’un sans façon magnifique. L’autre était premier ministre à Lisbonne depuis tantôt douze mois. Ayant commencé par dissoudre les Cortès, il les avait aussitôt prorogés, exerçant en leur absence une petite dictature confortable. La difficulté consistait à trouver une majorité prête à renouveler le contrat du monopole des tabacs. Heureux Portugal qui se dispute autour d’une question de ce genre !… Bref, la majorité ne s’étant pas rencontrée, il a bien fallu se décider quand même à réunir les Cortès et la lune de miel dictatoriale a pris fin. C’est qu’il y a au Portugal un monarque capable de rappeler à la légalité les premiers ministres qui s’égarent tandis qu’il n’existe pas au Venezuela d’opinion publique susceptible de mettre un terme aux folies d’un président atteint d’insolation ambitieuse. Voilà la France, malgré tout le mépris justifié que lui inspire ce polichinelle, obligée d’intervenir. Elle eut évité un tel inconvénient en s’associant purement et simplement, il y a quelques années, à l’intervention des puissances européennes. Elle préféra s’abstenir donnant à entendre, avec un sourire malin, que les moyens doux étaient les meilleurs. Grâce à cette abstention, Castro de Caracas se sentit encouragé à la résistance, et la leçon qu’il reçut porta des fruits… qu’il nous reste à cueillir.

À la recherche d’une capitale.

Cette pauvre Australie est bien en peine. Elle a décidé en se fédérant, il y a déjà cinq ans, qu’elle se construirait une capitale à la canadienne, c’est-à-dire une capitale purement politique et neutre. Au Canada, pour ne favoriser ni Québec ni Montréal ni Toronto, le gouvernement s’établit naguère à Ottawa ; il s’en est bien trouvé. Les Australiens sentaient la nécessité de ne laisser le pouvoir ni à Sydney ni à Melbourne. Ils votèrent donc qu’on