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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/507

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LES ORIGINES HUMAINES

que l’homme parviendrait à obtenir de son congénère le singe, par exemple, quelques mots ou quelques signes de conscience, resterait à savoir comment lui-même aurait pu jadis franchir cette même étape sans le secours d’un « précepteur ». Le second fait à considérer, c’est que la contenance du crâne humain ne s’est pas accrue depuis les temps préhistoriques ; la plupart des crânes fossiles que l’on a découverts l’emportent même quelque peu en capacité sur les crânes actuels. À la réflexion, il n’y a pas lieu d’en être bien surpris car il est évident que l’homme primitif, en présence d’une nature et d’une faune hostiles et disproportionnées avec ses propres moyens, n’a pu se maintenir que par la ruse, le sangfroid, l’observation et le calcul ; plus tard, ne craignant plus que ses semblables, la force lui a suffi mais, alors, elle était insuffisante à lui assurer la victoire. Ainsi donc, à côté de l’immobilité de l’animal enchaîné à l’étage inférieur semble s’affirmer l’immobilité de l’homme à l’étage supérieur ; jusqu’à plus ample informé, les facultés ici et là apparaissent irréductibles.

Les races

Un fait acquis, c’est la présence de l’homme sur la terre dès l’époque quaternaire, c’est-à-dire en un temps où les eaux, le sol, les climats différaient fondamentalement de ce qu’ils sont aujourd’hui. Cette présence était quasi universelle : les continents et les grandes îles se trouvaient déjà peuplés. Rien ne désigne une portion quelconque de la planète comme ayant été le « berceau du genre humain », berceau d’où peu à peu il aurait débordé sur toute l’étendue des terres de proche en proche. Il est clair que les choses se sont ainsi passées mais il n’en reste point de trace. La diffusion de l’homme serait donc antérieure à l’époque quaternaire. Par contre, les traces subsistent des cataclysmes qui seraient sur venus vers ce temps ; elles concordent avec la tradition du déluge laquelle n’est pas seulement une tradition chaldéo-judaïque mais se retrouve en Chine, aux Indes et même en Amérique.

Y eut-il dès le principe plusieurs races distinctes ou bien les distinctions provinrent-elles de la seule évolution ? Les partisans de la première solution ou polygénistes disputent à ce sujet avec les monogénistes qui tiennent pour la seconde. Historiquement, le polygénisme demeure un point de départ au-delà duquel rien de distinct ne se profile. Si l’on classe les races d’après leur cou-