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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/434

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

Tels sont, lecteurs, les conseils adoptés sous forme de conclusions par l’unanimité de l’Académie de médecine sur le rapport du professeur Raphaël Blanchard. Ils sont précieux. Faites-en votre profit.


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BIBLIOGRAPHIE



Le Siam et les Siamois, par le commandant Lunet de Lajonquière. Un volume à la librairie Armand Colin (3 fr. 50).

Précédemment chargé d’une mission de recherches archéologiques dans les vallées du Menam et du Mékong, le commandant Lunet de Lajonquière a longtemps vécu au Siam. Ses impressions sont très personnelles. Son style ne l’est pas moins, La lecture de son ouvrage sur le Siam et les Siamois nous a donc paru aussi attrayante qu’instructive.

Après nous avoir promené dans Bangkok « le point vital du Siam » située « au centre de ce merveilleux delta qui est un des greniers à riz du monde », nous montrant tour à tour ses palais, ses pagodes, son fleuve sale et boueux encombré de bateaux-maisons, ses canaux, ses marchés, ses quartiers populeux, il nous présente une vue d’ensemble du royaume.

Le roi qui s’intitule « le maître des vies » gouverne sans contrôle, aidé par ses ministres indigènes et les conseillers étrangers qui leur sont adjoints pour les différents ministères. Ces conseillers, de toutes nationalités mais en majorité anglais, dirigent l’évolution du Siam vers les méthodes européennes. Leur influence est considérable. Le pays se laisse transformer lentement, sans enthousiasme mais sans mauvaise humeur. Sa façade est dès à présent occidentale. Mais derrière cette façade, nous retrouvons encore pas mal de choses d’autrefois et les Siamois les plus avides de progrès n’en demeurent pas moins attachés à leurs vieilles traditions. Ainsi la religion persiste à dominer tous les actes de la vie locale. C’est le boudhisme orthodoxe, le pur qui n’a plus guère d’autre refuge que Ceylan, le Cambodge et la Birmanie. Une règle originale achève de consacrer son influence sur toute la société, c’est celle du noviciat obligatoire. À vingt ans tout homme entre au couvent et se fait moine : il y demeure à son gré, en sort quand il lui plaît, mais il doit y faire un stage. C’est le couronnement de l’éducation. « Pendant cette période de noviciat, toutes les classes de la nation se mélangent dans une égalité complète », ce qui a « pour conséquence inévitable de relever le niveau moral des classes inférieures et de donner à tous cette conscience de soi-même habituelle aux adeptes de la religion boudhique. » L’auteur s’étend longuement sur ces questions qui « se lient intimement à toute l’existence des Siamois. » Après quoi il nous parle des arts, de la littérature, du théâtre siamois et de son corps de ballet. Passant ensuite en revue les différentes populations du pays, il fait remarquer qu’en somme les Siamois n’y sont pas les plus nombreux. Laotiens, Annamites, Cambodgiens, Malais, Indiens, Chinois, Japonais et Européens sont tour à tour examinés et nettement caractérisés dans leur caractère et leurs aptitudes.