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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/432

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

reuse. Elle empoisonne le sang humain d’une foule de germes infectieux. Elle nous transmet la fièvre paludéenne, la fièvre jaune, la lèpre et les maladies filariennes… C’en est assez pour que le moustique mérite d’être traité par nous comme un ennemi qu’il faut anéantir.

La faculté lui a depuis longtemps déclaré la guerre. Les professeurs Debove, Laveran, Raphaël Blanchard ont poussé le cri d’alarme. Ce dernier, surtout, s’est attaché à démasquer l’hypocrite petit animal, l’a étudié sous toutes ses faces, en tous pays. Les coloniaux auxquels il a dénoncé avec acharnement le péril du moustique lui doivent une grande reconnaissance. Qu’il permette à l’auteur de ces lignes de la lui témoigner ici, en son nom propre et au nom des personnes qu’il a prévenues contre le mal grâce à ses conseils excellents.

Hélas ! le moustique délétère n’existe pas seulement aux colonies. On le trouve en France, à Paris même. D’où vient-il donc ?




« Ni les arbres ni les eaux courantes ne favorisent la multiplication des moustiques. Mais un petit bassin d’eau stagnante suffit pour infecter tout un quartier » dit le docteur Debove. « Les pièces d’eau dormante, les tonneaux d’arrosage, les citernes, les puisards, les réservoirs d’usine, les égoùts à écoulement lent ou nul, l’eau arrêtée dans les chéneaux des toitures, voilà les milieux divers dans lesquels se développent les moustiques », ajoute le docteur R. Blanchard. Il nous enseigne qu’une femelle de moustique pond jusqu’à trois cents œufs et que six, quelquefois huit gênérations, peuvent se succéder dans le cours d’une même année. Le chiffre des naissances est ainsi formidable. On a compté les œufs, les larves et les nymphes qui se trouvaient dans un simple tonneau d’eau de pluie : on en a trouvé 17.259 une première fois et 19.110 une seconde fois. Quoi d’étonnant, dès lors, à ce que les minuscules pièces d’eau de nos squares et de nos jardins servent d’asile à des myriades d’insectes nuisibles ?




Mais alors ? allons nous combler ces bassins, les remplacer par tout par des statues, par des corbeilles de fleurs ? Non pas, nous en chasserons seulement les larves et les nymphes. Le moyen en est simple, et peu coûteux. Il consiste à répandre sur l’eau une mince