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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/195

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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

peut-on rien pour celui-là ? Voilà l’heure où l’État devrait intervenir, non certes pour suppléer à l’initiative individuelle mais pour l’aider à se manifester, pour lui apporter le renfort déterminant. Ce jeune homme, avec peu de chose on ferait de lui un propriétaire rural, un chef de famille en tous les cas et c’est là précisément ce qui importe le plus à la nation préoccupée de stabilité foncière et de fécondité humaine. C’est très simple — si simple qu’on n’y avait jamais pensé ou que, du moins, on ne l’avait jamais dit.

À Ceylan et à Shanghaï.

De la lecture du rapport que vient de faire paraître le Colonial Office sur l’île de Ceylan, on doit conclure que le commerce cinghalais grandit de façon remarquable. De 1903 à 1904 la plus value, importations et exportations comprises, s’est élevée à 5.424.000 rupees. Mais, chose curieuse, tandis que le commerce avec les colonies britanniques et les pays étrangers a constamment progressé depuis dix ans, les échanges avec la mère-patrie sont demeurés pour ainsi dire stationnaires ; dans certains cas, ils ont même diminué. La récolte de thé a été extraordinaire en 1904 ; elle s’est élevée à 150 millions de livres en augmentation de près de 9 millions sur 1903 ; par contre, le prix a baissé de 60 centimes par kilog. Le thé de Ceylan s’exporte pour deux tiers en Angleterre et pour un tiers dans les autres pays. La culture du riz se développe mais lentement ; le caoutchouc voit son rendement s’accroître ; c’est le para qui donne les meilleurs résultats ; en deux cas il s’est vendu près de 10 francs 60 la livre. Le développement des voies ferrées aide aux progrès de la culture qui tire également un grand profit des réservoirs destinés à l’irrigation, lesquels viennent d’être fort améliorés.

À Ceylan comme en d’autres lieux, on note l’augmentation du commerce allemand qui a monopolisé certaines branches du marché et dont les achats ont forci de 22 pour 100 en douze mois. C’est que les exportateurs allemands se montrent prêts à aider de toutes les manières compatibles avec leur sécurité financière les maisons qui reçoivent leurs articles ; ils savent même risquer des pertes pour arriver à établir ensuite leur suprématie. En cela ils sont utilement secondés par le gouvernement impérial. Au consulat général d’Allemagne à Shanghaï, un agent commercial qu’assis-