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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/194

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

feraient bien de profiter. L’essentiel, c’est que le Transvaal reçoive sans retard une autonomie aussi large que possible mais le plus essentiel encore, c’est que la pacification en soit définitive. Qu’on ne la compromette pas pour rendre prématurément cette autonomie plus complète.

Au Mexique.

Les Chambres mexicaines ont récemment créé une décoration d’un genre tout nouveau — contrairement du reste à la constitution qui n’en admet aucune. Cette décoration n’aura qu’un seul titulaire : il est vrai qu’il s’agissait d’honorer le général Porfirio Diaz, le président perpétuel de la République. Il a été remis solennellement à cet homme très éminent un grand cordon institué tout spécialement pour lui. Ce seront des annales curieuses à rédiger que celles de son long règne présidentiel prorogé tous les quatre ans par le libre suffrage des représentants de la nation. On pourra les intituler : Comment on refait un pays. Heureux Mexique : il ne possède pas seulement le prince modèle, il a encore le parfait dauphin. Car, pour succéder au général Porfirio Diaz le jour où la mort l’enlèvera de son poste, il y a M. Limantour, le génial ministre qui a fait au Mexique une situation financière aussi solide que brillante. On dit bien que pour l’élire il faudra donner une légère entorse à la Constitution laquelle prévoit que le chef de l’État doit être né dans le pays ; ce n’est pas le cas de M. Limantour. Mais ce que l’on fait pour octroyer un grand cordon au président actuel, on peut bien le faire pour donner à ce président un successeur digne de lui ; et lui-même, semble-t-il, préconise cette solution.

L’idée de M. Ribot.

Ce n’est pas seulement en France que l’opinion va suivre avec curiosité et sympathie la carrière de l’idée lancée récemment par M. Ribot devant une assemblée locale de la région du Nord. L’éminent homme d’État faisant allusion à la loi sur les retraites ouvrières a déclaré qu’à son sens il y avait quelqu’un de plus intéressant encore que le retraité, c’était le jeune ouvrier qui, libéré du service, hésitant sur l’orientation de sa personnalité et l’emploi de ses forces, se trouve à un tournant décisif de l’existence. Ne