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Page:Revue pour les français, T1, 1906.djvu/166

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REVUE POUR LES FRANÇAIS

fait pleinement le besoin d’agitation et de concurrence individuelles de ses citoyens. Sans doute, sur le théâtre cantonal, la ligne d’horizon est proche, les menus faits grandissent démesurément, les groupements manquent d’ampleur, les querelles et les rivalités sont un peu mesquines ; ce n’en est pas moins de tous ces éléments qu’est faite la consistance élastique de la confédération. Encore une fois, l’Helvétie cantonale est un petit monde ; une Helvétie unie ne serait qu’un petit pays.

Si nous cherchons, au terme de cette monographie, à nous représenter la Suisse moderne sous une forme concrète, c’est l’idée de la fourmilière qui nous vient à l’esprit. Lequel d’entre nous ne s’est pas penché avec un intérêt captivé au-dessus de ces monticules édifiés au plus profond des forêts par le persévérant labeur des fourmis ? Qui n’a pas admiré l’ordre et l’activité régnant au milieu de cette population agglomérée où chacun se hâte lentement vers un objet déterminé dont il sait d’avance l’usage à faire. Ce que nous apercevons n’est rien à côté de ce qu’a découvert la patience des savants ; la comparaison n’a donc rien d’humiliant. Oui, la Suisse est une fourmilière, — éclairée à l’électricité et pourvue de toutes les améliorations matérielles d’un siècle civilisateur.

Recueillons la grande loi qui se dégage de sa prospérité présente : c’est la loi du travail. Par le travail quotidien, mesuré, persévérant, l’Helvétie est parvenue bien plus haut et bien plus loin que ne le comportaient sa situation, sa fortune et ses origines. Le travail est à la fois son ressort et sa récompense, son honneur et sa sécurité.



auxerre-paris. — imprimerie a. lanier
Le Gérant : A. LANIER