Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/9

Cette page a été validée par deux contributeurs.









La Revue philosophique dont nous commençons la publication se propose d’être ouverte à toutes les écoles. À ce titre, elle n’a aucune profession de foi rigoureuse à faire, et il suffit d’indiquer brièvement le but qu’elle poursuit et les moyens qu’elle compte employer.

On peut, en fondant un journal philosophique, se proposer d’être l’interprète exclusif d’une doctrine, le représentant d’un système unique et à ce titre ne rien accepter qui s’en écarte. Telle n’est pas notre intention. Il y a, en France, des publications de ce genre qui accomplissent leur tâche avec habileté et ardeur. Mais il nous a semblé qu’à côté d’elles, il y avait place pour un travail d’un autre ordre qui aurait aussi son utilité. Notre Revue se propose de donner un tableau complet et exact du mouvement philosophique actuel, sans exclusion d’école. Elle ne veut être l’organe en titre d’aucun système et elle convie à son œuvre les étrangers comme les Français.

La tendance inévitable de chaque doctrine est de se renfermer en elle-même et de ne consacrer à ses adversaires que des articles de critique et de polémique ; nous offrons ici au contraire à chacune d’elles un terrain neutre où elles pourront se produire, se rencontrer, s’étudier. Il n’est pas bien sûr, en effet, que les diverses écoles se connaissent suffisamment et peut-être qu’un contact réciproque aurait pour résultat de dissiper bien des malentendus ; en tout cas, il permettrait de ne juger qu’en pleine connaissance de cause. Sans admettre un éclectisme qui n’aurait aucune valeur et qui n’a rien de commun avec l’esprit de la Revue, il nous semble difficile de nier que toutes les philosophies s’accordent par certains points et que, par conséquent, un contact entre elles est possible, autrement que