Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/76

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

rieures et les cellules motrices des cornes antérieures. C’est la route que suivent les réflexes.

2° La commissure antérieure unissant les cellules motrices : elle sert à répandre dans plusieurs centres de mouvement les excitations motrices : de là résultent les mouvements coordonnés et les mouvements associés. Ce fait est appelé par l’auteur co-mouvement {Mitbewegung.)

3° La commissure postérieure, qui offre encore beaucoup d’obscurités, met en communication les cellules sensitives : elle permet les combinaisons de sensations. Ce fait est appelé par l’auteur co-sensation (Mitempfindung).

Nous avons lieu de supposer que ces rapports existent dans le cerveau comme dans la moëlle épinière, seulement sous une forme beaucoup plus compliquée.

La co-sensation et le co-mouvement représentent le premier stade de l’association. Mais bientôt, par suite de hasard ou d’autres causes, l’excitation suit une certaine direction de préférence à toute autre, et il en résulte une disposition déterminée. Cette transmission de l’excitation avec disposition déterminée dans une certaine direction, est ce qu’on appelle l’association (des sensations et mouvements) au sens ordinaire et restreint. Au point de vue psychologique, ce qui importe surtout c’est l’association des sensations.

Toutefois on n’explique ainsi que l’association des états de conscience, nullement leur conservation dans le souvenir. Comment l’expliquer ? — On sait que toute route nerveuse traverse plusieurs cellules : la première qu’elle rencontre n’est jamais son extrémité finale. Par exemple les nerfs sensitifs du tronc se rendent d’abord aux cornes postérieures, mais de là ils se transmettent au bulbe, au cervelet, au cerveau. Il est très-vraisemblable que les nerfs sensitifs ont plusieurs stations dans les parties ci-dessus énumérées. « Il est difficile d’admettre que la sensation et le souvenir aient leur siège dans la même cellule. D’un côté, la cellule simple, avec sa fonction très-simple, n’est pas apte à accomplir deux actes aussi différents que la sensation et le souvenir. D’un autre côté, le nombre des cellules interposées sur le trajet de chaque direction nerveuse, invite à supposer que quelques-unes peuvent être exclusivement consacrés au souvenir. Il est très-probable que dans les parties supérieures de l’encéphale, à chaque station de la route nerveuse sensorielle, un filet consacré au souvenir se détache pour se rendre à une des cellules terminales : c’est ce qu’on voit, par exemple, dans la masse blanche du cerveau avec sa couche grise corticale. Nous devons supposer que dans ces filets ramifiés existe, à part, une trace des sensations, et que cette trace