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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/551

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E. de HARTMANN. — SCHOPENHAUER ET FRAUENSTAEDT 543

de mon monde de phénomènes subjectifs, par conséquent unique- ment comme fonction de ma volonté; ce qui réduirait les forces de la nature à n'être qu'une fausse apparence, en tant qu'actions volon- taires indépendantes. C'est pourquoi la théorie subjective idéaUste de la motivation de Schopenhauer réclame certainement une cor- rection, non pas une correction qui en écarte le caractère idéaUste, mais qui l'élève de la sphère de l'idéalisme subjectif dans celle de l'idéaUsme objectif. Cette correction seule assure une valeur incon- testable au fondement métaphysique du réalisme de la volonté; elle indique en même temps la transition d'un idéalisme restreint à un réalisme idéal dont toutes les parties s'harmonisent, et vers lequel notre époque tend évidemment , dans tous les domaines de la science. Frauenstaedt a franchi ce pas comme moi pour l'idéahsme subjectif de Schopenhauer en général. Si dans ce cas particulier il refuse de le franchir, il faut s'en étonner, d'autant plus qu'il soutient la valeur métaphysique de l'idéalisme objectif de Schopenhauer (ce que Bahnsen ne fait pas).

VI. — La généralisation de la conscience.

Si l'on veut étabhr sérieusement l'identité de la volonté à tous les degrés de la nature, et par conséquent aussi l'identité du processus de la manifestation de la force par l'intervention de motifs, excita- tions ou causes, il faut que Vohéissance à la cause occasionnelle de la part de la force, ou la perception de l'excitation, ou la conscience du motif soient également reconnues comme identiques à tous les degrés de la nature. Cette faculté de la force ou de la volonté de sentir ou de percevoir la cause occasionnelle (cause, excitation ou motif) de leur manifestation est « un sentiment » ou c( une cons- cience » du motif; ou, en d'autres termes, la généralisation de la volonté ou de la motivation de Schopenhauer entraîne à sa suite, comme conséquence nécessaire, la généralisation de la sensation ou de la conscience pour tous les degrés de l'objectivation de la vo- lonté, et Frauenstaedt a parfaitement raison de faire vivement res - sortir l'inévitabilité de cette conséquence que Schopenhauer indique seulement d'une façon timide.

Dans la Philosophie de V Inconscient j'ai, en m'appuyant sur Leib- niz, montré cette conséquence avant Frauenstaedt et Drossbach i,

1. Par exemple dans le chap. A. I pour les animaux et les organes centraux du système nerveux des hommes et des animaux ; chap. G, iv, 2 pour les ani- maux inférieurs, les protistes et les plantes; dans le chap. c. m. 1 et 2 (7" II. 35 et suiv. 4(58 et suiv.).

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