Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/54

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

Ajoutons-y certains caractères généraux de l’action mentale, tels que la plus ou moins grande persistance des émotions et des processus intellectuels. Nous aurons à nous préoccuper aussi du rapport entre le type mental général et le type social général.

Nous pouvons placer dans la seconde section les recherches ayant trait à la nature mentale relative des sexes dans chaque race. Cette section comporterait alors des questions telles que les suivantes : Quelles sont les différences, en admettant qu’il y en ait, qui sont communes à toutes les races entre les mâles et les femelles sous le rapport de la masse mentale et de la complexité mentale ? Ces différences varient-elles en degré ou en nature, ou sous les deux rapports ? Y a-t-il des raisons de croire qu’elles sont susceptibles d’être modifiées par augmentation ou diminution ? Quels sont dans chaque cas leurs rapports avec les habitudes de la vie, les coutumes domestiques et l’organisation sociale ? Cette division doit aussi embrasser les sentiments réciproques des sexes considérés comme variables et en qualité et en quantité ; aussi bien que les sentiments également variables des personnes des deux sexes envers leurs enfants.

On peut réserver pour une troisième section les caractères intellectuels plus spéciaux qui distinguent les différents types de l’espèce humaine. Certains de ces caractères spéciaux proviennent de différences proportionnelles dans les facultés possédées en commun ; d’autres proviennent de la présence chez quelques races de facultés entièrement ou presque entièrement absentes chez d’autres. Chacune de ces différences, dans chacun de ces groupes, dès que la comparaison l’a fait ressortir, doit être étudiée dans ses rapports avec le degré d’évolution mentale atteint, et dans ses rapports avec les habitudes d’existence et le développement social ; ces différences étant unies à ces phénomènes comme les conséquences le sont avec leurs causes.

Tels sont les traits généraux de ces diverses divisions. Etudions actuellement en détail les subdivisions que contient chacune d’elles.


I.


Sous le titre d’évolution mentale générale, nous pouvons commencer par le caractère que nous appellerons le volume mental.

L’expérience quotidienne nous prouve que les êtres humains diffèrent sous le rapport du volume de leurs manifestations mentales. L’intelligence des uns, quelque considérable qu’elle puisse être,