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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/288

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quand il est intense, il peut se produire une véritable anticipation de l’esprit.

Nous ferons remarquer aussi qu’avec ce mode d’expérience, l’impression concomitante, quand elle est postérieure, n’a aucune influence sur l’impression principale : tout se passe comme dans les conditions simples. Il en est de même pour le cas de simultanéité. Mais si l’impression perturbatrice est antérieure, le temps physiologique est toujours augmenté, comme le montrent les expériences suivantes :

Impression perturbatrice : Son Lumière
Simultanée ou postérieure 0,176 0,218
Antérieure 0,228 0,250

Lorsque l’expérience est disposée comme précédemment, mais que l’impression accessoire suit l’impression principale, à intervalle très-court, la méthode d’observation change. Il n’est plus nécessaire d’enregistrer par un mouvement la perception de l’impression principale : la seconde impression, pourvu qu’elle appartienne au même sens, sert à établir la durée d’aperception de la première. Il suffit, pour cela, de faire varier l’intervalle entre les deux impressions et de déterminer ainsi, par l’expérience, le temps nécessaire pour que la première ne soit pas effacée par la seconde. La partie de la durée de la réaction qui appartient à l’impulsion volontaire disparait d’elle-même.

Nous ne saurions trop appeler l’attention sur le nouveau procédé mis en usage ici. La durée du temps physiologique est abrégée, puisqu’elle ne renferme plus que deux éléments principaux, la transmission centripète et l’aperception : la détermination de la durée se fait donc dans des conditions plus simples. Pour comprendre d’une manière nette ce mode de détermination, remarquons ce qui suit. Si deux excitations se suivent à un intervalle de temps n (qui est indiqué par les appareils enregistreurs), et si elles ne sont perçues que comme une seule excitation, on peut en conclure que la première sensation a une durée, égale au moins à n. Si l’intervalle est augmenté de n’, (si l’on a par conséquent n + n’) et si le sujet perçoit deux sensations, on peut en conclure que, la première sensation a une durée plus petite que n + n’. En faisant varier n’, on peut dé- terminer avec une exactitude suffisante le temps physiologique pour la première sensation[1].

  1. Des expériences récentes ayant pour but de déterminer la vitesse de l’agent nerveux sensitif, sont fondées sur un principe analogue. Elles éliminent de même la durée de la réaction et s’appuient sur la persistance plus ou moins longue delà sensation. Voir Archives de physiologie, 1875, p. 588 et suivantes.