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les tribus humaines, celles-là seulement ont survécu qui approuvaient toutes les actions propres à améliorer le caractère social des individus. » Le but final de la morale « n’est pas le plus grand bonheur possible du plus grand nombre ; » mais une tendance de chaque individu vers le mieux. « Chacun doit s’efforcer d’être meilleur citoyen, meilleur ouvrier, meilleur fils, etc. »




THE JOURNAL OF SPECULATIVE PHILOSOPHY (Année 1875).


Cette revue, dirigée par M. W. Harris, paraît à St-Louis (Missouri), par livraisons trimestrielles. En 1876, elle est entrée dans sa dixième année.

Le mouvement philosophique ne paraît pas très-vif, aux États-Unis. Il faut reconnaître du moins que les Américains, dont la renommée est venue jusqu’en Europe, ne se rattachent qu’indirectement aux spéculations philosophiques : ainsi l’idéaliste Emerson qui doit être compté surtout parmi les poètes ; Draper qui appartient à l’histoire scientifique et religieuse, etc. La Revue philosophique se propose cependant de revenir un jour sur cette question et de mettre ses lecteurs au courant de ce qui se passe en Amérique. Nous leur signalerons, en attendant, l’appendice ajouté par Noah Porter, principal de Yale College, à la traduction anglaise de l’Histoire de la Philosophie moderne, d’Ueberweg (faite par G. Morris, professeur à l’Université de Michigan). On y trouvera un exposé étendu du rôle de la philosophie en Amérique.

La revue américaine qui va seule nous occuper, pour le moment, paraît un peu trop justifier son titre (spéculative philosophy). Avec elle, il serait difficile de se faire une idée du mouvement philosophique, quel qu’il soit. Les différents travaux qu’elle publie peuvent se classer en trois groupes :

1° Les traductions d’ouvrages anciens, presque classiques. C’est ainsi qu’elle a traduit en totalité ou en partie : les fragments de Parménide, les Sentences de Porphyre ; les Méditations de Descartes, plusieurs traités de Leibniz et de Kant, de Fichte, de Schelling, de Hegel, de Schopenhauer, de Herder, de Lotze, de Herbart.

2° La critique d’art : la revue déclare constamment « qu’elle est décidée à faire une large place à la critique et à l’interprétation des œuvres d’art. » De là de très-nombreux articles sur l’esthétique, mais qui paraissent surtout écrits par des poètes et des dilettanti. Parmi ces essais, citons : une série d’études sur les drames de Skakespeare, sur le Faust de Gœthe, sur les Symphonies de Beethoven, sur les travaux de Winckelmann, sur les tableaux de Raphaël ; sur la musique, la peinture et la sculpture en général. L’esthétique qui leur sert principalement de guide est celle de Hegel. Le Journal lui a consacré un grand nombre d’articles, ainsi qu’à l’analyse qui en a été donnée par notre collaborateur, M. Bénard.

3° Déduction faite des traductions et des publications sur l’art, restent les articles originaux consacrés à des questions purement philosophi-