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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/219

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teur, d’accord avec tout le monde, indique comme sources de la psychologie : l’étude des langues, des actions humaines, de l’histoire, des maladies mentales, etc.

En partant de ces faits, on doit chercher à s’élever par l’induction à des lois purement empiriques. Mais l’auteur n’admet pas que les lois supérieures de la psychologie doivent ou puissent être déduites de la physiologie, et il critique longuement sur ce point Horwicz et Maudsley.

Nous ne reviendrons pas sur Horwicz dont il a été question ici même. Outre un abus général de physiologie, Brentano lui reproche de ne prendre la conscience que comme un point de départ, mais de ne pas s’en servir pour bâtir l’édifice.

Quant à Maudsley, qui attaque la physiologie subjective dans l’introduction de sa Pathology and physiology of Mind, Brentano parait surtout lui en vouloir d’avoir écrit contre Stuart Mill ce qui suit : « Il a eu le tort d’avoir négligé la méthode physiologique qui fournirait à la psychologie tant de choses fructueuses ; de s’être imaginé qu’avec le vieux procédé fondé sur la perception interne, il pourrait atteindre ce que Platon, Descartes, Locke, Berkeley et tant d’autres n’ont pu atteindre. Nous avons la ferme conviction que des milliers d’hommes comme lui n’étaient pas en état de faire ce que ces grands hommes n’avaient pu faire, tandis que s’il avait pu se résoudre à employer les matériaux fournis par la nouvelle méthode, que ses grands prédécesseurs n’avaient pas à leur disposition, il aurait plus que personne pu en tirer des résultats. » Nous avouons que sur ce point nous sommes avec Maudsley contre Brentano.

Il nous semble aussi que notre auteur ne rend pas suffisamment justice aux travaux de Weber, Fechner, Wundt sur la psycho-physique. Il est loin sans doute d’en méconnaître la valeur ; mais il paraît absolument opposé aux essais de détermination quantitative dans l’ordre des phénomènes psychiques et il termine par cette conclusion, que la psychologie doit se contenter de lois empiriques.

La deuxième partie de l’ouvrage traite des phénomènes psychiques en général. Pour Brentano, leur caractère essentiel, fondamental, c’est d’être représentatifs : état psychique = représentation : sur ce point l’auteur se rapproche de Herbart. « Tous les états psychiques sont des représentations ou ont pour base des représentations. » Ceci l’amène à une détermination de plus en plus précise de ce caractère représentatif. En quoi consiste-t-il ? Dans le rapport du phénomène psychique à un objet.

il est universellement admis, dit-il, que tout acte intellectuel suppose un objet ; en d’autres termes, on dit que l’intelligence est objective. Mais pour le sentiment, la sensibilité en général, on ne lui reconnaît aucun caractère objectif. Sur ce point, Brentano nous renvoie à Hamilton ; mais il rejette cette thèse comme erronée. « La joie, la haine, l’amour, dans les sentiments, dit-il, nous sont toujours donnés comme se rapportant à quelque chose. »