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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/218

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que les alchimistes, en cherchant la pierre philosophale, c’est-à-dire l’introuvable, ont rencontré ce qu’ils ne cherchaient pas : des faits positifs qui ont permis à la chimie de naître et de se constituer. Les métaphysiciens ont fait de même. Pour eux le grand problème a été celui de l’immortalité de l’âme. Tout en cherchant la solution sans trêve et sans succès, ils ont aussi trouvé ce qu’ils ne cherchaient pas : des faits, des observations dont la psychologie nouvelle profite. En poursuivant un problème d’ordre transcendant, ils ont découvert les lois du raisonnement, de l’association des idées, de la formation du concept ; ils ont étudié les désirs et les passions. Comme les enfants du vieillard, dont parle la fable, ils cherchaient un prétendu trésor enfoui sous terre et ils ont trouvé une autre espèce de richesse.

L’auteur montre par d’excellentes raisons comment le développement de la psychologie n’a pu se produire qu’après la constitution préalable des sciences subordonnées, et après l’avoir définie « la science des phénomènes psychiques, » il fait remarquer que cette nouvelle conception de la psychologie n’a rien qui ne puisse être accepté des partisans de l’ancienne école. Qu’il y ait une âme ou qu’il n’y en ait pas, ce qui est certain c’est qu’il y a des faits psychiques. La différence entre ces deux conceptions, c’est que l’ancienne contient des hypothèses métaphysiques et que la nouvelle en est complètement libre ; que la seconde s’occupe de faits reconnus par toutes les écoles, tandis que la première a nécessairement la couleur d’une certaine école. La comparaison n’est certainement pas au profit de l’ancienne école.

L’importance pratique d’une psychologie scientifique est incontestable. L’auteur qui insiste sur ce point avec raison, montre une telle confiance dans les résultats futurs, qu’il n’hésite pas à appeler la psychologie, « la science de l’avenir. »

Le but de la psychologie ainsi fixé, nous abordons la question de méthode. C’est ici que nous allons voir M. Brentano, tout en soutenant la thèse empirique, se séparer de l’école physiologque. La source principale de la psychologie est pour lui la perception interne (innere Wahrnehmung) qu’il ne faut pas confondre avec l’observation interne (innere Beobachtung). L’auteur attache la plus grande importance à cette distinction. L’observation, selon lui, ne peut s’appliquer qu’aux objets extérieurs ; l’observation interne est impossible. C’est de la confusion de ces deux états bien distincts, l’observation, la perception, que sont nées les objections formulées contre la psychologie subjective par A. Comte, en France ; par Maudsley, en Angleterre ; par Lange, en Allemagne.

M. Brentano reconnaît bien que, grâce à la mémoire, une étude rétrospective des états de conscience est possible ; mais, la mémoire était sujette aux illusions et aux erreurs, la psychologie se trouve par là même placée dans une situation désavantageuse, si on la compare aux autres sciences naturelles.

Outre les données de la perception intérieure et de la mémoire, l’au-