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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, tome I, 1876.djvu/10

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pour s’attaquer. Si vivement qu’elles se combattent, il est certain que les raisons qui les séparent sont bien moins nombreuses que celles qui les unissent, puisque toutes poursuivent les mêmes problèmes, parlent la même langue, s’adressent à une même famille d’esprits.

Pour donner ce tableau complet du mouvement philosophique, ce qui est notre but, le moyen le plus simple et le meilleur, c’est de laisser parler librement chaque école sous sa responsabilité propre. En conséquence, le positivisme pur, l’École expérimentale qui compte des représentants en France et en Allemagne aussi bien qu’en Angleterre, le criticisme issu de Kant, le spiritualisme qui dans ces derniers temps a pris chez nous une nouvelle forme en s’inspirant surtout de Maine de Biran, trouveront ici un champ libre pour se produire. La Revue n’exclura que les articles en dehors du mouvement philosophique, c’est-à-dire qui étant consacrés à des doctrines déjà connues, rajeunies seulement par un talent d’exposition littéraire, n’auraient rien à apprendre aux lecteurs.

L’ensemble des questions que nous nous proposons d’embrasser est vaste. Sans prétendre en donner une classification qui ait quelque valeur scientifique, nous pouvons les ramener à cinq groupes.

Tout d’abord l’ensemble des études qui ont pour but la connaissance théorique de l’homme. La psychologie est une des parties les plus anciennes de la philosophie ; Socrate, avant tout, engageait l’homme à s’étudier. Mais ce qui alors paraissait assez simple est devenu pour nous un problème très-complexe. Nous n’en sommes plus au temps où l’on soutenait que la psychologie était à peu près faite. On n’oserait plus prétendre qu’il suffit pour la faire de s’étudier intérieurement et l’on reconnaît, en général, que l’anatomie, la physiologie, la pathologie mentale, l’histoire, l’anthropologie sont pour elle d’une utilité directe et immédiate. Il y a donc là un ample champ de recherches, surtout si l’on y joint la logique et l’esthétique qui ne sont guère que des parties de la psychologie, l’une étudiant le mécanisme de la raison humaine, l’autre une certaine forme de plaisir, celui que nous cause le beau.

La morale, avec les sciences qui s’y rattachent, forme un autre groupe consacré à l’étude des actions humaines. Ici encore nous rencontrons des conceptions nouvelles. Ainsi, tandis que les uns aspirent à faire de la morale la base même et le dernier mot de