Ouvrir le menu principal

Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/662

Cette page n’a pas encore été corrigée


652 REVUE PHILOSOPHIQUE

l'État, au détriment des guerriers, le pouvoir d'édicter les maximes de conduite; les Jésuites, avec leur probabilisme, qui substitue, au libre examen, la soumission envers un directeur.

Mais, dit encore M. Fliigel, Kant n'a pas expliqué la valeur qui s'at- tache aux actions inspirées par une maxime générale : l'attrait du bien chez lui reste incompréhensible. — Voici, telle que je l'entends, la théo- rie de Kant sur cette question. « L'attrait du Bien moral est complexe. Il ne lui est pas extérieur et comme adventice : ce n'est pas en flattant notre nature que la Loi nous séduit, car alors c'est à notre nature, c'est au plaisir que nous obéirions. Cette Loi est comme jalouse, et veut d'abord que nous oubliions le plaisir, que nous dépouillions nos désirs égoïstes. Elle exige la mort du moi, du moi haïssable, du moins. Or cette mort ressemble étrangement à l'autre : comme l'autre, elle nous inspire de la terreur : de là le sérieux qui accompagne l'acte moral. Mais comme l'autre mort aussi pour ceux qui croient en une vie future, elle nous ouvre un monde supérieur à celui où nous vivions; ce monde, nous le pressentons avant d'y entrer; de là cet enthousiasme qui nous emplit, à notre arrivée dans le monde moral. Cette espèce d'horreur physique dont nous sommes saisis à la pensée de l'abnégation totale, mais que nous domptons pour nous élever à la moralité, constitue un sublime à part. Cette sublimité est ce qui nous inspire le respect de la Loi. Voilà l'attrait par lequel le Devoir nous gagne : et cet attrait nous laisse désintéressés, puisqu'il naît de la grandeur même du sacrifice total.

Qu'il suffise d'avoir indiqué ainsi le caractère systématique du livre de M. Fliigel, et la rudesse de ses jugements sur les prédécesseurs de son maître. Pour ces raisons, son livre ne paraît pas capable de rendre aux savants, surtout en France, tous les services que l'auteur s'était proposé de leur rendre.

A. Burdeau.

��Dott. Alessandro Herzen : Cos'È la fisiologia ? Qu'est-ce que la physiologie ? Firenze, Lemonnier, 1877.

Il ne faudrait pas mesurer l'importance de ce léger fascicule au nombre des pages. Chargé du cours de physiologie à l'Institut supérieur de Florence, M. Herzen, bien que pris à l'improviste, a su montrer dans cette première leçon où il s'est appliqué à définir l'objet même de son cours, qu'il était digne de remplacer son maître et ami Maurice Schiff.

Plusieurs idées importantes ont trouvé place dans cette courte intro- duction. Évitant à la fois de trop restreindre et de trop étendre le domaine de la physiologie , le professeur lui assigne pour» but d'ex- pliquer les phénomènes de la vie individuelle, c'est-à-dire de les réduire, là où cela est possible, aux phénomènes moins complexes de la mécanique, de la physique et de la chimie; ou de montrer du moins qu'ils puisent en eux leur origine et que c'est en eux qu'ils se résolvent

�� �