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Page:Revue philosophique de la France et de l’étranger, IV.djvu/653

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analyses, — gœring. Ueber die menschliche Freiheit 643

« cause éloignée et suffisante. Dans ce cas, il dépend des objets comme « la volonté, il n'est libre qu'autant qu'il ne poursuit aucun but. La « liberté de choisir, grâce à laquelle le sujet se décide à agir ou à « s'abstenir, est un cas particulier de cette liberté de l'entendement. « Si le sujet décide de s'abstenir, alors se présente cette liberté géné- « raie, qui existe dans le domaine subjectif de la pensée et de l'intelli- « gence. Sans doute on ne peut entendre cette liberté au sens popu- « laire, s'imaginer « qu'on peut penser ce qu'on veut, » et se repré- « senter une sorte d'empire du sujet sur le cours de ses pensées, en « concevant le sujet comme un être en dehors et au-dessus de la pen- « sée. Ce qu'il faut entendre par cette liberté de la pensée, c'est que < la pensée n'est soumise à aucune contrainte extérieure, c'est qu'elle « ne dépend d'aucun facteur étranger, et que par suite les fonctions de « cette pensée libre s'accomplissent sous les rapports et dans les con- « ditions qui lui sont propres. Conformément à ces vues, la liberté du « sujet consiste en ce qu'il n'est poussé ou contraint à agir ni par sa « volonté ni par son entendement, en ce qu'aucun motif d'action n'est « donné, en face des objets, qui restent tous indifférents. C'est la par- c faite indifférence de l'entendement et de la volonté, indifferentia « arbitrii et voluntatis. Les indéterministes ont raison de s'appuyer sur « cet équilibre absolu, en ce que la liberté du sujet, qu'ils soutiennent, « existe réellement; ils ont tort quand ils transportent cette absence « de motifs dans le domaine du vouloir et de l'action 1 . Cette liberté « d'indifférence peut être d'une très-grande importance, quand il s'agit c de se déterminer à l'action ou à l'abstention, dans les cas où il y a « un choix à faire entre plusieurs actions. Ceci nous conduit du do- « maine subjectif au domaine objectif, de la question de la liberté à la t question de la responsabilité. »

La responsabilité (Die Zurechnungsfahigkeit). — Une action est bonne, mauvaise ou indifférente, qu'elle puisse être imputée ou non à l'individu. Le problème de l'imputation des actes doit donc être traité indépendamment de leur appréciation morale. Nous avons vu que les concepts de possibilité et de nécessité ne sont pas applicables à un acte accompli, qui fait partie de la réalité. Il n'y a donc pas plus liberté de l'acte que liberté du vouloir, parce que dans les deux cas, il y a dépendance des objets. < Il y a liberté là seulement où il n'y a ni « volonté ni action; mais où il n'y a pas action, il n'y a pas imputation. « Où il y a liberté, il n'y a aucune place pour l'imputation; mais où il y c a imputation, la liberté est toujours supposée comme condition « négative. Or, la liberté, ne se laisse unir avec l'action que si l'on « suppose que le sujet avant l'acte a été libre dans sa résolution, c'est- « à-dire n'a pas été contraint par des circonstances extérieures, étran-

1. Toute la question serait de savoir si nous pouvons produire cet équilibre par un effort personnel, en un mot, prendre possession de nous-même. Ce problème ne pourrait être résolu que par l'intuition de la conscience, que l'auteur a déclarée impuissante : voir à la fin la critique.

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